La période post-compétition est souvent l’une des plus difficiles à vivre pour une athlète. Après plusieurs mois de préparation, voir son poids remonter, perdre son aspect ultra sec et retrouver progressivement des formes peut être déstabilisant, surtout lorsqu’il s’agit d’une première saison.
Pourtant, il est essentiel de comprendre une chose : le physique présenté sur scène n’est ni un physique de santé, ni un physique destiné à être maintenu toute l’année, c’est un physique purement compétitif préparé en amont afin de répondre à des critères bien précis en fonction de la catégorie.
En tant qu’athlète Bikini et coach sportive, j’accorde beaucoup d’importance à cette période. L’après compétition ne marque pas la fin du travail, mais le début d’une nouvelle phase tout aussi importante : la période de off-season. C’est durant celle-ci que l’on retrouve progressivement un équilibre physique, hormonal et mental, tout en construisant une meilleure version pour la saison suivante.
Pourquoi le physique de compétition ne peut-il pas être maintenu toute l’année ?
Une préparation à une compétition de bodybuilding met le corps à rude épreuve. L’objectif est d’atteindre un niveau de sèche très bas afin de révéler la masse musculaire acquise au cours des derniers mois (années) de pratique. Pour la catégorie Bikini, les critères de jugement sont généralement axés sur l’esthétique globale, la féminité et l’harmonie du physique plutôt que sur le volume musculaire maximal.
Chez les femmes, cette période peut entraîner différentes adaptations physiologiques. Il n’est pas rare d’observer un arrêt du cycle menstruel, une baisse de la libido, une fatigue importante, des troubles du sommeil, une irritabilité plus marquée ou encore une diminution des performances sportives.
Ces réactions ne sont pas anormales mais en aucun cas, tenables sur la durée. Elles montrent que le corps fonctionne avec des réserves énergétiques limitées et concentre ses ressources sur les fonctions essentielles.
Vouloir le conserver toute l’année serait contre-productif si vous voulez performer et évoluer par la suite, voir même dangereux.
La prise de poids après une compétition est-elle normale ?
C’est probablement la question que l’on me pose le plus souvent. Et la réponse est simple : oui, la prise de poids après une compétition est totalement normale.
Après plusieurs semaines, voire plusieurs mois de déficit calorique, le corps cherche naturellement à retrouver son équilibre. Les réserves de glycogène se reconstituent, l’hydratation évolue, les hormones retrouvent progressivement un fonctionnement normal et le taux de masse grasse augmente légèrement.
Cette évolution n’est pas un échec. C’est un processus physiologique indispensable.
Le chiffre affiché sur la balance ne reflète pas uniquement une prise de gras. Il correspond également au retour de l’eau intracellulaire, du glycogène musculaire et à la normalisation de nombreux mécanismes indispensables au bon fonctionnement de l’organisme. Apprendre à accepter cette évolution fait pleinement partie du processus.
L’off-season : c’est là que le physique se construit réellement
La préparation, autrement dit la sèche, ne crée pas le physique. Son objectif est de révéler le package construit tout au long de l’année. En réduisant progressivement le taux de masse grasse, les muscles deviennent plus visibles et la définition musculaire apparaît. Le travail réalisé pendant plusieurs mois est alors mis en lumière sur scène.
Le véritable travail de construction musculaire se fait durant les mois qui précèdent le début d’une prépa. C’est durant cette période que l’on développe sa masse musculaire, que l’on corrige ses points faibles et que l’on prépare le physique de la prochaine saison de compétition.
Pour y parvenir, le corps a besoin de temps, d’un surplus calorique maîtrisé, d’un entraînement progressif et d’une récupération optimale. Notre organisme a besoin de suffisamment d’énergie pour construire du muscle, récupérer efficacement et continuer à progresser. Notre cerveau lui-même a besoin de glucides pour fonctionner correctement, tandis que les muscles nécessitent un apport suffisant en nutriments pour s’adapter aux entraînements.
La préparation permet uniquement de mettre en valeur le travail accompli les mois précédents. Plus votre off season est bien menée, plus votre prochaine préparation révélera un physique complet, harmonieux et compétitif.
C’est pourquoi j’accorde autant d’importance à cette période qu’à la préparation elle-même. Mon objectif n’est pas seulement d’amener une athlète sur scène dans les meilleures conditions, mais aussi de construire, saison après saison, une progression durable. La scène récompense une année entière de travail, pas uniquement quelques mois de préparation.
Apprendre à aimer son corps toute l’année
L’un des plus grands défis après une compétition est souvent psychologique. Lorsque l’on s’habitue à voir son corps extrêmement sec, il peut être difficile d’accepter les changements qui suivent naturellement la compétition. Pourtant, reprendre quelques kilos ne signifie pas perdre tout son travail.
Personnellement, j’apprécie mon corps aussi bien en préparation qu’en off season. Chaque période a son objectif. La préparation permet de révéler le travail accompli. L’off season permet de construire la version qui montera sur scène la saison suivante.
Apprendre à aimer son corps dans chacune de ces phases fait partie intégrante du parcours d’une athlète. Plus cette relation est saine, plus il est facile d’aborder les saisons avec sérénité et de continuer à progresser durablement.
Pourquoi j’accompagne aussi mes athlètes après la compétition
Mon accompagnement ne s’arrête jamais le jour où mes athlètes descendent de scène. Au contraire, la période post-compétition est l’une des plus importantes de toute la saison. C’est à ce moment que j’explique les changements physiques et psychologiques qui peuvent apparaître, que nous adaptons progressivement l’alimentation et l’entraînement, et que nous construisons ensemble une transition adaptée à chaque profil.
Mon rôle est d’aider chaque athlète à retrouver un équilibre durable, tout en préservant sa santé, son bien-être et sa relation avec son corps.
Le retour vers un physique plus sain n’est pas un échec. C’est une étape normale, indispensable et même essentielle pour continuer à progresser.
